L’étalonnage

Vidéo
Posté le 12/11/2018 par Paul Maillot

Avec l’avènement de YouTube et l’évolution technologique des boitiers, la production de clips, de courts métrages, de longs, de sketchs explose sur la toile ! Force est de constater qu’il y a de plus en plus de novices, tout comme moi auparavant, qui se lancent dans la réalisation audiovisuelle soit pour s’exprimer artistiquement ou tout simplement pour manger sa part du ghetto (pour les clippeurs hehe).

Seulement voilà, le rythme des productions étant très soutenues (exemple chiffré à donner), certains se contentent simplement de derusher et monter leurs images. Il y a une étape très importante que beaucoup d’entre vous sous estiment et mettent de côté : l’étalonnage.

L’étalonnage qu’est-ce que c’est ?

L’étalonnage c’est ce que l’on appelle le traitement d’image, on va essentiellement toucher aux couleurs de l’image et si besoin rattraper des plans ratés quand c’est possible (plans bruités, sous exposés ou surexposés).
Pour les grosses production dans le cinéma par exemple, les réalisateurs font appel à un étalonneur. Cet étalonneur est chargé uniquement de cette partie du travail, et est équipé en conséquence. Pour les plus petites productions c’est souvent le monteur qui s’occupe de l’étalonnage. Mais les monteurs ne sont pas nécessairement des étalonneurs et vice versa.

L’intérêt de l’étalonnage

L’intérêt de l’étalonnage est de donner un style à votre image, c’est comme l’assaisonnement d’un plat. Si votre plat n’est pas assaisonné il sera fade, et bien c’est exactement la même chose avec l’étalonnage.

Les pratiques en étalonnage

Le travail de l’étalonnage s’amorce dès le tournage. En effet, bien paramétrer ses réglages d’exposition lors de la prise des images permet d’éviter les images trop surexposées ou sous-exposé qui sont quasi impossibles à rattraper en post-prod.

Le travail de balance des blancs est primordial pour donner une intention à votre image. Elle est représentée en degré Kelvin et se travaille lors du tournage sur votre boîtier directement. Exemple, si vous tournez une scène angoissante ou en hiver mieux vaut tirer vers une couleur froide, soit – de 3500K (degre kelvin).

Si vous êtes dans une scène chaleureuse ou ensoleillée, autant en profiter pour accentuer cette teinte et miser sur des tons chauds, soit + de 4500k.

Pour des scènes neutres autant laisser autour de 3500~4500K, vous pourrez ensuite donner une intention plus prononcée à l’etalonnage.

Il y a 2 manières de tourner des images :- On règle ses paramètres de façon à se rapprocher le plus possible de l’image que l’on souhaite- On règle ses paramètres de façon à être le plus neutre possible pour avoir le choix lorsqu’on étalonne les images

La première technique n’est pas mauvaise à partir du moment où vous commencez à bien connaître votre boitier, dans le cas contraire je vous conseillerais plutôt de vous rapprocher d’une image neutre. Une image neutre vous permettra d’éviter de faire des erreurs, ou de les rattraper au montage car une image neutre n’est pas froide, ni chaude.. Cela vous permettra de la teinter comme bon vous semble ou presque.

Aussi, il ne faut pas oublier que vos images ont une certaine quantité de donnée définit par le nombre de « stops » de votre appareil. Plus appareil contiendra de « stops » plus vous aurez des détails de couleurs dans votre image. Vous pourrez alors bien pousser vos couleurs lors de l’etalonnage. A l’inverse,  avec un petit nombre de stop, on aura vite une limite car trop pousser l’etalonnage risquerait de degrader l’image. C’est, selon moi l’intérêt principal dans les caméras de cinéma. Elles possèdent un nombre de stop conséquent afin d’emmener son image comme on le souhaite réellement. Ils donnent également plus de marge pour rétablir une image trop sombre ou trop lumineuse.

Pour combler le manque de stop, à force d’exploiter mes boîtiers dans différentes conditions, j’ai remarqué que certains profils d’image permettent de ne pas dégrader l’image lors de l’étalonnage. Il vaut mieux privilégier un profil d’image peu contrasté le jour comme les S-Log et jouer sur plus de contrastes la nuit. Cela vous permettra de corriger si vous avez fais des erreurs d’expositions le jour et de profiter des apports de l’étalonnage sans dégrader l’image la nuit. 

Autre astuce pour se rapprocher d’une image neutre non contrasté et augmenter ses chances de rattraper un plan surexposé ou sous exposé :  l’utilisation des profils d’images, par exemple, le S-log avec Sony ou cinestyle de MagicLantern pour Canon.

Si vous connaissez le Raw en photo, vous saurez donc de quoi je parle quand j’invoque ce type de fichier en vidéo. Car oui, la principale différence avec les caméras de cinéma comme les Arri, les Reds, les Canon (C100-200, etc) c’est qu’elles proposent également duRAW en vidéo ! Pour ceux qui ne connaissent pas l’avantage du raw, ce type de fichier rends possible le travail des images une fois tournées, en post-production. Cela touche à la luminosité, la teinte, les contrastes, tous les paramètres possible d’une image. L’inconvénient c’est que ce type d’image est très lourd à stocker, et il vaut mieux prévoir un disque dur entier pour un seul clip ! Mais il vous permettra d’amener votre image où vous le souhaiteriez sans perte de qualité (à une certaine limite bien sur).

Réglages Raw dans Adobe Premiere Pro

Comment étalonner ?

Vous vous doutez bien que je ne vais pas vous faire un tuto dans cet article car l’étalonnage n’est pas une science exacte, mais je pourrais éventuellement expliquer certaines techniques prochainement dans un tuto. N’hésitez pas à en faire la demande !

De part l’étalonnage, il s’agit ici de sublimer vos images en leur donnant une orientation selon vos intentions. Personnellement j’etalonne chaque types de plans uns par uns en appliquant quelques modifs d’exposition quand c’est nécessaire tout en ayant un tout uni. Exemple on ne vas pas mélanger dans une même séquence un plan froid, un plan un peu verdâtre (comme souvent avec l’éclairage à Paris) et un plan chaud. On aurait tout simplement l’impression qu’on a simplement fait enchaîné des images à la une des autres sans grand intérêt.

En réalité l’étalonnage se réfléchis même avant le tournage puisque l’on tient compte de différents paramètres (lieux, éclairages, couleurs). On va donc essayer de jouer avec les couleurs de chaque plan en jonglant avec des jeux de couleurs complémentaires (violet dans les tons foncés / orange dans les tons clairs) par exemple.

Pour répondre à la question de @soleil_bliiz sur Instagram, il y a aussi possibilité d’utiliser des LUTS pour toucher à l’étalonnage. De base, les LUTS sont des profils d’images utilisés directement sur votre caméra afin de donner un style à votre image. Mais il est possible également de les utiliser en post-production. Pour ma part, j’ai tenté l’expérience des LUTS, je trouvais le principe intéréssant car on accède à tout un tas de paramètre mais je n’ai pas trouvé chaussure à mon pied. Je trouvais que l’on perdait énormément en qualité d’image. En effet, les LUTS sont faits sur des rushs ayant un type d’image, exemple tournage en extérieur sur des couleurs chaudes. Si vous appliquez cette même LUT sur une image tournée en interieur avec des tons froids, le rendu du LUT sera inapproprié pour l’image. A tester donc avec modération. A l’occasion je tenterais d’écrire un article plus poussé sur les LUTS.

Pour ma part, j’étalonne directement dans Adobe Premiere Pro à l’aide d’un plugin de chez Red Giant : Colorista. D’autres peuvent éventuellement passer par un logiciel maitre en la matière DaVinci Resolve. Mais personnellement, j’ai du mal encore à l’intégrer dans mon processus de travail étant donné qu’il faut transférer son montage dans le dit-logiciel, qui n’intègre pas forcément tous les effets que vous avez réalisé dans premiere,ou after effects par exemple. Je pense qu’il me manque le process, il faudra bien que je m’y mette un jour si je veux pousser encore plus l’étalonnage !

Colorista dans le panneau d’option d’effets sur Adobe Premiere Pro

C’est à vous de trouver et définir votre style d’image au travers de l’étalonnage, il est bien de se rapprocher de la norme (contrastes bien gérés, couleurs pas trop saturées ni trop fades), mais sortir des codes (quand c’est justifié) peut être encore intéressant à l’image des americains BRTHR. À vous de jouer !

4 réponses à “L’étalonnage”

  1. cedric dit :

    Lourd
    Merci

  2. Jisca dit :

    Merci , mais j’ai toujours un peu de mal avec les couleurs , t’aurais d’autres astuces ou des conseils a me donner ?

  3. Max dit :

    Fort fort interessant, j’ai toujours eu du mal avec le color-grading!
    Merci de prendre le temps d’expliquer cela , je testerai les LUTS et surement Colorista!

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